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La période d'adaptation à la crèche ou chez l'assistante maternelle : comment accompagner son enfant sereinement ?

Caroline Levis
25 juil.
7 min de lecture

Dernière mise à jour : 7 sept.


enfant qui joue avec une professionnelle lors de son adaptation en crèche

L'entrée à la crèche ou l'arrivée chez l'assistante maternelle peut être une source de stress, pour l'enfant comme pour le parent. Confier ce que l'on a de plus précieux est délicat.

Que vous ayez opté pour une assistante maternelle ou une crèche, une période d'adaptation vous attend — aussi appelée « familiarisation ». Ce temps est loin d'être une formalité : c'est lui qui construit la relation de confiance entre votre famille et le mode de garde. Dans cet article, je vous explique pourquoi elle est indispensable, comment elle se déroule, et comment y préparer votre enfant en douceur.


Pourquoi la période d'adaptation est-elle indispensable ?

Jusqu'ici, votre enfant a été gardé par vous, ou par des personnes de sa famille. Le confier à un nouveau mode de garde demande un temps d'adaptation indispensable pour faire connaissance.

Le bébé a besoin de sécurité affective. Il doit découvrir petit à petit son nouveau lieu de garde et se sentir suffisamment en sécurité pour y évoluer sereinement. Il doit aussi apprendre à connaître la personne référente qui va le suivre — et celle-ci doit découvrir ses petites habitudes et son rythme, pour répondre au mieux à ses besoins.

Lorsque je travaillais en crèche, beaucoup de parents ne trouvaient pas nécessaire ce temps d'adaptation : ils pensaient que leur enfant s'adaptait vite. Et c'est vrai qu'un enfant s'adapte vite. Mais je ne supprimais jamais cette période, si importante dans la vie du jeune enfant. Il faut que l'enfant se sente suffisamment en sécurité pour découvrir son environnement.

Comment se déroule généralement une adaptation ?

La première rencontre est très importante : elle pose les bases. On échange sur les habitudes, le rythme et les besoins de l'enfant. Celui-ci fait connaissance avec sa référente et visite les lieux de son nouveau mode de garde.

Chaque lieu a son propre fonctionnement, mais le principe reste le même : faire connaissance petit à petit, en respectant le rythme de l'enfant. Les parents (ou les grands-parents) accompagnent l'enfant au début, puis effectuent de courtes séparations. On augmente ensuite progressivement le temps d'accueil, jusqu'à arriver à une journée complète.


Combien de temps dure une adaptation ?

Il n'existe pas de durée idéale. Tout dépend du tempérament de l'enfant, du rythme familial, de son âge et de ses expériences précédentes en matière de séparation.

Dans mon expérience, 10 jours à 2 semaines convenaient très bien à la plupart des enfants. Nous avions le temps d'apprendre à les connaître, et vice versa. L'enfant comprenait petit à petit le fonctionnement de la crèche et s'y sentait de plus en plus à l'aise.

Cela peut être un peu moins, ou un peu plus. L'essentiel est d'observer votre enfant, sans se précipiter.


Comment préparer son enfant avant le premier jour ?

Vous pouvez l'accompagner en douceur, avant même le premier jour :

  • Parlez-lui de sa future crèche ou de sa nounou, et montrez-lui les lieux à l'avance si c'est possible.

  • Introduisez un doudou imprégné de votre odeur avant la première séparation : ce peut être une écharpe ou un tee-shirt avec lequel vous avez dormi une semaine.

  • Mettez en place un petit rituel du matin, pour que le départ ne soit pas trop brutal.

  • Lisez-lui des livres sur la séparation.

  • Valorisez le nouveau lieu d'accueil : votre enthousiasme le rassure.


Le doudou et les objets transitionnels : de précieux alliés

Le doudou, ou objet transitionnel, est important : il assure la continuité entre la maison et le mode de garde. Il sera là pour les chagrins, les émotions, les activités… L'enfant se sentira « épaulé ».

La tétine peut aussi répondre à ce besoin d'être rassuré, comme je l'explique dans mon article sur l'arrêt de la tétine.

Ayant effectué une formation en Belgique durant mon parcours, j'en ai ramené une idée que j'ai mise en place ensuite : les photos de famille. Nous accrochions au mur les photos plastifiées des familles de tous les enfants accueillis. Dès qu'ils le souhaitaient, les enfants pouvaient les prendre et garder ainsi un peu de leur famille près d'eux.

Comment vivre le moment de la séparation ?

Voici mes conseils pratiques pour le moment du départ :

  • Dites toujours au revoir à votre enfant, même s'il est en train de jouer. Partir sans rien dire pourrait lui faire ressentir un sentiment d'abandon lorsqu'il s'apercevra de votre absence. Expliquez-lui que vous allez revenir le chercher.

  • Gardez un rituel simple : un bisou, un gros câlin, un petit mot d'amour avant de le laisser.

  • Restez souriant, même si vous êtes ému. Ce sera peut-être le plus compliqué… croyez-en mon expérience.

  • Faites confiance au professionnel, formé pour accompagner votre tout-petit.

Car dans beaucoup de cas, la séparation est plus difficile pour le parent que pour l'enfant.

Cette étape vous angoisse, ou vous ne savez pas comment préparer votre enfant ? C'est normal, et vous n'êtes pas seul. Si vous voulez savoir comment je pourrais vous accompagner, réservez un premier échange gratuit de 15 minutes. 👇

L'adaptation touche à beaucoup de choses : séparation, émotions, rythme, sommeil. Si vous voulez en parler, découvrez ma consultation parentalité.


Et si mon enfant pleure ?

Si votre enfant pleure, c'est tout à fait normal, et cela ne signifie pas que l'adaptation est ratée. Le professionnel qui s'occupe de lui va accompagner ses émotions.

L'important est de distinguer : pleure-t-il au moment de la séparation, ou toute la journée ? N'hésitez pas à appeler pour avoir des nouvelles. Si votre enfant pleure quand vous partez mais que les professionnels vous disent qu'il retrouve vite son calme, faites-leur confiance. Les enfants ont souvent besoin d'exprimer leur émotion de séparation avant de passer à autre chose.

Lors des retrouvailles aussi, il est fréquent que votre enfant pleure. C'est normal : il décharge toutes les émotions qu'il a intériorisées pendant votre absence.

Je me souviens : chaque soir, quand j'allais chercher ma fille chez sa nounou, elle pleurait ou criait dans la voiture pendant tout le trajet. Une fois à la maison, elle était plus sereine. Elle avait besoin de ce sas de décompression.

Les erreurs à éviter

  • prolonger les au revoir pendant plusieurs minutes ;

  • transmettre son anxiété à l'enfant ;

  • comparer avec d'autres enfants ;

  • changer constamment les habitudes ;

  • culpabiliser.


Le rôle des professionnels : la coéducation

Les professionnels qui accueillent votre enfant sont formés pour l'accompagner. Ils passent du temps avec lui et tissent une relation de confiance, avec lui comme avec vous.

Posez-leur des questions, transmettez-leur tout ce que vous savez de votre bout de chou. Tout se joue dans la coéducation : c'est vous qui restez les éducateurs de votre enfant, et ils travaillent avec vous.

Les professionnels de la petite enfance sont aussi une ressource pour vous, les parents : ils peuvent vous conseiller, vous accompagner. Sollicitez-les si besoin — ils sont à votre écoute avec bienveillance.

enfant qui joue à la crèche entouré de professionnels

Quand faut-il s'inquiéter ?

Certains signes sont tout à fait normaux pendant et juste après l'adaptation : un besoin accru de câlins, de petites régressions, des réveils nocturnes temporaires, de la fatigue. Ces réveils passagers rejoignent d'ailleurs ce que j'explique dans mon article sur les réveils nocturnes.

En revanche, si votre enfant semble totalement différent, s'il présente une détresse importante qui perdure, ou s'il refuse de manger plusieurs jours de suite, parlez-en au professionnel qui s'en occupe, afin de chercher ensemble comment y remédier.

Chaque enfant vit son adaptation à son rythme Ces repères conviennent à la plupart des familles. Mais si l'adaptation de votre enfant est particulièrement difficile, si ses nuits ou son appétit sont durablement bouleversés, ou si vous vous sentez démuni, il peut être précieux d'être accompagné. Cela ne se devine pas dans un article : chaque enfant est différent, et cela s'observe au cas par cas. C'est mon métier. Je vous propose un premier échange de 15 minutes, gratuit et sans engagement : vous me racontez votre situation, je vous dis si je peux vous aider et quelle formule serait la plus adaptée. 👇

En résumé

Chaque enfant possède son propre rythme, et cela vaut aussi pour la période d'adaptation. Une adaptation réussie n'est pas une adaptation sans larmes : c'est une adaptation où l'enfant est accompagné avec bienveillance, où ses émotions sont accueillies, et où les adultes avancent ensemble pour lui permettre de trouver peu à peu ses repères.

Cette étape est souvent liée à l'angoisse de la séparation. Pour aller plus loin, vous pouvez lire mon article sur l'angoisse de séparation du bébé.



Questions fréquentes sur l'adaptation

Combien de temps dure une adaptation en crèche ou chez une assistante maternelle ?

Il n'y a pas de durée fixe, mais 10 jours à 2 semaines conviennent à la plupart des enfants. Tout dépend du tempérament de l'enfant, de son âge et de son vécu. L'observation prime sur le calendrier.


Mon enfant pleure à la séparation : l'adaptation est-elle ratée ?

Non. Les pleurs à la séparation sont normaux et ne signifient pas un échec. Ce qui compte, c'est qu'il retrouve son calme une fois que vous êtes parti. Les professionnels sont là pour accompagner ses émotions.


Faut-il partir discrètement pour éviter les pleurs ?

Non, surtout pas. Dire au revoir, même si cela déclenche des pleurs, sécurise l'enfant. Disparaître sans un mot risque au contraire de créer un sentiment d'abandon.


Pourquoi mon enfant pleure-t-il le soir aux retrouvailles ?

C'est un phénomène très fréquent : après avoir « tenu » toute la journée, l'enfant décharge ses émotions dès qu'il retrouve ses parents, en qui il a toute confiance. C'est un bon signe, pas un problème.


À propos de l'auteur

Je suis Caroline Levis, éducatrice de jeunes enfants diplômée d'État. Pendant 15 ans, j'ai travaillé en crèche, d'abord comme éducatrice puis comme directrice. J'y ai accompagné au quotidien des centaines d'enfants et leurs familles autour du sommeil, des rythmes et de la parentalité.

Formée à l'accompagnement du sommeil par Les Héros du Dodo et instructrice en massage bébé AFMB, je propose aujourd'hui un accompagnement individuel, doux et respectueux du rythme de chaque enfant.

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